Felix José Hernández

Paris le 15 février 2018.

Un livre extraordinaire, passionnant, qui nous montre le grand talent de critique littéraire de  Léon Daudet. La lecture de  cette œuvre a été un grand plaisir et une belle découverte littéraire.

« Il ne fait pas bon être écrivain par les temps qui courent, surtout à une époque où plus aucun critique ne s'appelle Léon Daudet. Mais qui se souvient de Léon Daudet dont vous tenez entre les mains Ecrivains et artistes depuis si longtemps introuvable ? Même pour les amateurs qui ont pu jadis, dans l'édition Bouquins de Bernard Oudin (1992) se promener dans les agréables banlieues de son oeuvre que sont ses Souvenirs ou son essai sur Le Stupide XIX e Siècle, ce centre-ville plein de richesses et de surprises que forment Écrivains et artistes est encore inconnu alors qu'il donne la vraie mesure du talent généreux du Léon Daudet critique, l'homme qui refusait de faire de la littérature une assignation, une citation à comparaître.

Cet oubli est réparé aujourd'hui et ce livre nous consolera de notre présent où l'écrivain ne peut plus se permettre le luxe décrire ce qu'il veut, sachant que c'est pourtant son rôle, quitte à être déplaisant et à apporter de mauvaises nouvelles. Non, il lui est demandé, en 2017, à l'écrivain, d'être anxiolytique, d'abord et avant tout. Tout le monde a assez de soucis comme ça pour ne pas, en plus, s'angoisser en lisant un roman. Le principal est de calmer, de distraire, et surtout de filer droit dans les rails de la littérature calibrée au temps de l'économie spectaculaire-marchande.

 

N'oublions pas, à propos de filer droit, que l'on aura vu, ces dernières années, des écrivains indignés signer en toute bonne conscience, et c'est bien là le pire, des pétitions afin d'en faire licencier un autre pour incorrection politique et mauvaise camaraderie ou que l'on peut lire aujourd'hui un universitaire qui veut, dans un dossier à charge de 2 000 pages, nous expliquer que Céline est un agent nazi et qu'il ne devrait donc plus être question de parler de lui comme (l'un romancier devenu antisémite, niais comme d'un antisémite de toujours qui aurait écrit des romans, un peu par hasard.

   On est susceptible d'appliquer avec bonheur cette méthode morale, désormais, à toute notre histoire littéraire, afin de purifier l'atmosphère. Proust est un homosexuel amateur de bordels pour hommes qui a écrit une saga, Nabokov est un pédophile refoulé, auteur par hasard d'un texte bien fichu appelé Lolita, Rousseau cet hypocrite, a donné L’Émilie alors qu'il a abandonné ses enfants, Burroughs, le père fondateur de la beat generation, a tué sa femme d'une balle en plein front un soir de beuverie en se prenant pour Guillaume Tell. Allons plus loin : savons-nous assez que Dumas avait des nègres ? Que la gentille George Sand voulait qu'on massacre tous les communards ? Que Flaubert se payait des petits garçons dans les bains d'Istanbul ? Qu'Aragon était une folle honteuse après avoir été un stalinien assumé qui voulait faire feu sur les ours savants de la social-démocratie et chercher des poux dans la tête dis pape avec le Guépéou ? Ou que Drieu était doriotiste, Sollers et Barthes maoïstes, Blondin dipsomane et Nimier mauvais père et mauvais conducteur ?

Si malgré toutes ces révélations, vous n'avez pas procédé à un grand nettoyage dans votre bibliothèque, sachez qu'en cas d'arrestation, celle-ci pourra être retenue contre vous comme circonstance aggravante.

 

Il y eut pourtant une époque où les affrontements idéologiques avaient des raisons d'être notoirement plus violents que les nôtres. Pourtant, les souvenirs de la Commune, de l'affaire Dreyfus ou de la guerre de 14, sans compter les chocs idéologiques frontaux des années 1920 et 1930, n'empêchaient pas de lire les écrivains   pour ce qu'ils écrivaient et non pour ce qu'ils pensaient. Non pas que les deux ne soient pas liés mais, enfin, l'essentiel était ailleurs, dans une manière de considérer la littérature comme une sorte de club de gentlemen, de mess des officiers où, si l'on ne soufflait pas forcément dans la même trompette, au bout du compte on servait le même régiment. Il y avait une forme d'extra-territorialité de la chose littéraire dont le goût était le seul juge de paix. Une époque où on ne demandait pas aux poètes leurs papiers à chaque coin de  pétition, ou de rejoindre des indignations médiatiques sur commande, où on jugeait sagement qu'il n'y avait pas à demander des comptes sur ce qu'un écrivain avait écrit cinquante ou cent ans plus tôt. Il n'est pas certain, sans un Léon Daudet dans les parages, qu’un nouveau Genet ou un nouveau Pasolini puissent publier aujourd’hui sans que diverses associations ne leur tombent assez vite sur le râble, qu'un nouveau Nabokov ne soit pas inquiété  comme un vulgaire Polanski, qu'un nouveau Tony Duvert ne soit pas jeté dans une geôle avant de connaître la castration chimique.

   Pourtant, d'un écrivain, et l'on a presque honte de proférer une  telle banalité, c'est d'abord et seulement ses livres qui devraient nous intéresser, nous plaire, nous enchanter, nous révolter sans qu’on prouve pour autant le besoin de s'en prendre à leur auteur.  Nécessité. D’où la nécessité de lire Écrivains et artistes, parce que Léon Daudet est un grand critique dont la subjectivité assumée ne cherche pas à  se faire passer pour la vérité mais pour l'expression d'un bonheur ou d’une colère, tout simplement. » Jérôme Leroy

Voici republiés et rassemblés, pour la première fois depuis leur parution (de 1927 à 1929), les huit tomes de la série Écrivains & Artistes de Léon Daudet. Recherchées par les amateurs et collectionneurs pour leur grande rareté, ces compilations valent surtout pour les nombreux jugements que les auteurs, morts, vivants ou exténués ont inspirés à l’auteur : Shakespeare, Rabelais, Molière, Dostoïevski, Baudelaire, Flaubert, Maupassant, Zola, Proust, Robert Louis Stevenson, Kessel, Georges Bernanos, Paul Valéry, Balzac, Victor Hugo, Oscar Wilde, Alexandre Dumas, Madame de Sévigné et bien d’autres encore. Le polémiste avait ses détestations tenaces et ses valeurs refuges. Il haïssait la littérature « automatique » et chérissait, lucide, le talent, les étoiles vraies, tous ceux dont les livres engendrent une sorte d’hallucination sentimentale. Savoir écrire, c’est savoir lire : Daudet le dit, Daudet le prouve.

Le livre du jour, par François Maillot :

https://www.youtube.com/watch?v=emTFC_qWBG0

Fils d'Alphonse Daudet, Léon Daudet (1867-1942) a marqué la postérité par son esprit vif et son goût prononcé pour la polémique. Celui qui a côtoyé les grands écrivains de son temps – des frères Goncourt à Flaubert, d'Hugo à Zola – et qui a, entre autres, mené Marcel Proust à la consécration, fut médecin, romancier, critique, biographe, journaliste et député.

Écrivains & artistes. Léon Daudet. Préface de Jérôme Leroy. © Éditions Séguier. Couverture : Lia Pradal. Portrait de  Léon Daudet : © Rue des Archives / Tallandier. 15 x 21 cm. 848 pages. 28.00 €. ISBN: 978-2-84049-704-2

Créés dans les années 1980, les Éditions Séguier sont dédiées aux arts, tous les arts. La priorité est accordée aux personnages réputés secondaires mais dont l’influence - et parfois l’œuvre-ont été durablement sous-estimées. Il en résulte des essais, entretiens et biographies, regroupés dans un catalogue ouvert à un public soucieux de parfaire ses connaissances et de polir ses goûts.

Félix José Hernández.

 

 

Paris le 14 février 2018.

La belle plume de Paul Faure  a écrit non seulement un hommage au grand  Edmond Rostand, mais aussi un magnifique  hymne à l’amitié.

« Si perceptibles que soient, dans l'oeuvre d'Edmond Rostand, la plainte et l'aveu glissés dans la turbulence ou la finesse du verbe, ne nous a-t-on pas fréquemment dépeint le poète comme ébloui par ses dons, enivré de sa magie, se complaisant parmi les louanges tumultueuses et les regards fascinés?

La légende de son caractère satisfait de soi, et celle de son faste, se ramènent à une exactitude tour à tour mélancolique ou ravissante, si l'on a connu le rêveur illustre. Modeste parfois jusqu'à l'anxiété, intimidant ceux qu'il intimidait par sa timidité même, nul n'était plus émouvant à observer qu'Edmond Rostand dans sa retraite agreste des Pyrénées. Ne pouvant échapper aux fatalités de sa nature encline à la tristesse et qui prolongeait une sombre rayure jusqu'à l'extrémité de son exquise gaieté, il se recueillait, le plus souvent, dans une des chambres simples et charmantes de sa demeure. Ne cherchant pas à duper ses visiteurs déconcertés, il apparaissait tel qu'il était réellement, endolori, patient, distrait, ou laborieux avec souci, refusant l'invitation à la joie, au confort du coeur, que lançait tout le jour l'abondance de la lumière sur les stores orangés. Stores couleur de miel grec, aérienne pergola de toile, dont le volant, balancé par la tiède brise du matin, laissait voir les frêles salutations du mimosa grimpant, aux feuilles minces et bleues, l'envol marmoréen de cinquante pigeons flagellant l'azur d'un bruit de satin longuement déchiré, et qui faisaient songer, par un renversement poétique, à ces vers de Rimbaud:

L'aube, exaltée ainsi qu'un peuple de colombes! » Anne de Noailles

« Ce qui frappait, quand on le voyait pour la première fois, c'était son front immense et une pâleur de visage que rien n'altérait jamais. l'avais aperçu Rostand autrefois, à Luchon. En ce temps-là, il avait encore des cheveux. Depuis, le haut de son crâne s'était entièrement dépouillé. Rostand était mieux ainsi. La forme parfaite de sa tête, les lignes de son front haut et large, d'où rayonnait de la lumière, ressortaient davantage dans cette blancheur d'ivoire lisse.

Un être quelconque peut avoir de beaux yeux, mais de beaux yeux n'ont pas nécessairement un beau regard; l'expression en était, chez Rostand, aussi directe que la parole. Ses yeux étaient beaucoup de choses; ils étaient spirituels, souvent ironiques. Quand ils s’appesantissaient   sur quelqu'un, ils étaient aigus, pénétrants. Dans la discussion, ils devenaient des points magnétiques d'où l'on ne se détachait pas. Mais où Rostand avait ses plus beaux yeux, c'est dans la pitié et la bonté. Devant ce regard d'une indulgence infinie, on ne pouvait — si peu que l'on connût Rostand — ne pas l'aimer un peu.

  Il était de taille moyenne, avec de tout petits pieds et de toutes petites mains. Sa voix allait bien avec son visage, elle était la douceur  même; elle donnait l'impression de n'être qu'un petit souffle toujours égal, un petit souffle qui ne peut pas s'enfler; et pourtant, rien n'était moins vrai. Il lisait, sans la moindre fatigue, de longs poèmes, des pièces entières, d'une voix extraordinairement puissante, qui passait par toutes les inflexions possibles. Il avait une grande capacité de silence. Il pouvait rester des semaines entières sans dire un mot. Avec un interlocuteur qui l'ennuyait, il ne parvenait pas à desserrer les lèvres; malgré lui, tout son visage bâillait; en revanche, il se passionnait, il oubliait l'heure, quand il parlait d'un sujet qui l'intéressait. » Paul Faure

C’est au mois d’octobre de l’année 1900 que le célèbre auteur de Cyrano de Bergerac s’installa à Cambo-les-Bains. Parmi les curieux et les admirateurs, se trouvait Paul Faure, si pressé de faire la rencontre d’un écrivain dont il deviendra, au fil des années, un intime – et partant, un témoin privilégié. « Je voulus voir l’homme dont le nom sonnait à toute volée. Puisqu’un hasard me faisait son voisin, il me fallait essayer de l’apercevoir. »

Aussi ces souvenirs composent-ils un portrait basque d’Edmond Rostand, où l’on observe sa vie familiale, sa découverte d’une région, le nom souvent illustre de ses visiteurs, ses allers-retours avec la vie parisienne et la gloire, et surtout, son ivresse de bâtir la villa Arnaga.

 Un texte léger et intelligent, écrit dans un grand style : Paul Faure était un authentique écrivain.

« Les années basques du poète à Cambo-les-Bains »

Paul Faure (1876–1968), grand confident d'Edmond Rostand, n'eut de cesse de défendre la mémoire de la famille. Il fut à l'origine de la création du Musée Rostand et du rachat par la municipalité du domaine d'Arnaga dont il a été le premier conservateur du Musée en 1962.

Vingt ans d'intimité avec Edmond Rostand. Paul Faure. © Éditions atlantica, Biarritz, 2016. Préface de la comtesse Anne de Noailles et Robert Poulou. Toutes les photographies : © Musée Edmond Rostand – Villa Arnaga, Cambo-les-Bains. 15 x 210 cm.  240 pages. 17.00 €. ISBN: 978-2-7588-0404-8

Félix José Hernández.




André Derain. Isabel Lambert, 1935-1939, Óleo sobre lienzo, 75,6 × 74 cm.
© André Derain, VEGAP, Madrid, 2018

Madrid, 11 de febrero de 2018.

Querida Ofelia:

Desde el 1 de febrero, en la sala Fundación MAPFRE Recoletos en Madrid se presenta una exposición que explora la amistad de tres grandes artistas del siglo XX: André Derain (1880-1954), Balthus (Balthasar Klossowski) (1908-2001) y Alberto Giacometti (1901-1966). Las miradas de estos tres artistas, nunca antes confrontadas, coinciden en la misma exigencia de lo que debe ser la obra de arte. Mucho más allá de la admiración mutua y el sincero afecto que les unieron durante toda su vida, la profunda comunidad estética que existe entre ellos es el hilo conductor de la exposición.

Con la distancia que el tiempo proporciona, podemos ver que Derain, Balthus y Giacometti siguen pautas similares en su trabajo, sobre todo en cuanto a su visión común del pasado del arte. 

Los tres comparten un fuerte anhelo de modernidad, se interesan apasionadamente por la pintura antigua y el arte de las civilizaciones lejanas, sienten fascinación por «las fuerzas oscuras de la materia» (Derain) y, en general, prestan mucha atención a la realidad «maravillosa, desconocida» que tienen ante sí (Giacometti).

En 1920, cuando vuelve del frente, Derain es un artista de gran éxito. Tras haber sido uno de los más importantes entre los fauvistas, aquel movimiento que a principios de siglo había creado un arte basado en colores puros y brillantes, su mirada se dirige a la tradición y los secretos de la pintura, dirige su atención hacia un estilo realista que se conoce como “estilo bizantino”.

A principios de los años 1930 Alberto Giacometti y Balthus, dos artistas de una generación más joven, quedan fascinados por este Derain diferente, radicalmente nuevo pero a la vez atento al arte del pasado. Las visitas a los estudios y las conversaciones van trabando una amistad entre los tres,  que se consolida con los sucesivos encuentros y proyectos. A través de la pintura y la escultura de Derain surge un verdadero afecto entre los tres, basado en una admiración recíproca de la que darán fe Balthus y Giacometti a lo largo de su vida ya que Derain será el primero en fallecer, y el mayor y referente en esta relación.

Los tres artistas se conocieron a principios de los años treinta gracias a su relación con el círculo surrealista y, concretamente, a la primera exposición de Balthus en la galería Pierre Loeb, en 1934. A partir de 1935 sus lazos de amistad se estrecharon y los puntos en común entre sus obras se hicieron más intensos.

Entre Saint-Germain y Montparnasse alternaron con muchos artistas, escritores y poetas: Antonin Artaud, Max Jacob, André Breton, Louis Aragon, Jean Cocteau, Pierre Reverdy, Albert Camus, Samuel Beckett, Jean-Paul Sartre y André Malraux. El teatro también ocupó un lugar destacado, e hicieron varios proyectos con Marc Allegret, Boris Kochno, Roger Blin y Jean-Louis Barrault; también les unió la moda, con Jacques Doucet, Paul Poiret y Christian Dior, y el mercado del arte con Pierre Loeb, Pierre Colle y Pierre Matisse.

Es común entre los artistas, en algún momento de su trayectoria, buscar en el pasado referencias para su obra. Para Derain, la renovación de su arte se basa en un auténtico humanismo plástico. Giacometti, con sus copias de los maestros italianos, de la estatuaria egipcia o africana, etc., trata de expresar plenamente su manera de ver y trasponer las obras que le impresionan. Para Balthus «la verdadera modernidad está en la reinvención del pasado».

La obra de Derain, Balthus y Giacometti nos acerca a esa otra historia del arte que no sigue una línea recta que va desde el impresionismo y el postimpresionismo hasta las vanguardias, sino, que, se inserta en una figuración que podríamos calificar de moderna reivindicando el pasado de la pintura en un entorno artístico que al tiempo que consagra los movimientos abstractos y el surrealismo, reconstruye su historia nacional; comparten así una genealogía y una modernidad diferentes que los vincula más bien a otros artistas como Edvard Munch, Pierre Bonnard, Edward Hopper y Lucian Freud.

La muestra, con cerca de 240 obras, cuenta con el generoso apoyo de numerosas colecciones particulares e instituciones internacionales entre las que destacan la Fondation Giacometti, París; Musées d’Orsay y de l’Orangerie, París; Albright Knox Art Gallery, Buffalo; Minneapolis Institute of Art; The Pierre and Tana Matisse Foundation, Nueva York; Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, Washington D.C.; Musée Picasso, Antibes; Musée National Picasso, París; Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris; Tate, Londres; Fondation Beyeler, Basilea o Kunsthaus, Zúrich.

Esta exposición, concebida por el Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, Paris Musées, se ha organizado con Fundación MAPFRE. Comisariada por Jacqueline Munck, Conservadora Jefe del Musée d’Art moderne de la Ville de Paris.

Derain, Balthus, Giacometti. Una amistad entre artistas. Del 1 de febrero al 6 de mayo de 2018. Sala Fundación MAPFRE . Paseo de Recoletos 23, 28004 Madrid.

Un gran abrazo desde nuestra querida y culta Madrid,

Félix José Hernández.

 

 

Nader Koochaki. 2017. Cortesía del artista.

León, 14 de febrero de 2018.

 

Querida Ofelia:

 

'Cielo abierto' es el título del proyecto que el artista Nader Koochaki pone en marcha en el Laboratorio 987 del MUSAC, en el que propone llevar a cabo una aproximación crítica al carbón y al bitumen, atendiendo a la simpatía formal que subyace en ambos recursos naturales. A partir de la fotografía, Koochaki indaga sobre el legado bastardo de la industrialización y la minería a través del registro de sus formas en dos casos de estudio: la extracción del carbón en León y el desarrollo urbano de la ciudad de Teherán.

 

A través de la fotografía, Nader Koochaki viene realizando incursiones prolongadas en ambos territorios desde el año 2012. En 'Cielo Abierto' se presta atención a los fenómenos sociales y las formas resultantes del consumo del carbón y el bitumen, un derivado de la refinación del petróleo base en la producción de asfalto. Ambos materiales, aparte de resultar atractivos por el impacto estético que producen en el entorno, también lo son por sus implicaciones políticas.

 

El propio material y el modo en que éste se manifiesta articulan el desarrollo del proyecto, que a su vez es el escenario de trabajo donde la materialidad y la forma de lo fotografiado se ponen en relación con la técnica y el lenguaje fotográfico, utilizando el espacio expositivo del Laboratorio 987 como herramienta de edición para proponer diferentes maneras de ensayar las relaciones entre contenido y continente durante la duración del proyecto.

 

Entre los meses de febrero y mayo, de manera paulatina, la propuesta modificará el aspecto del Laboratorio 987. A través de diferentes situaciones expositivas, el espacio se utilizará como herramienta de edición. Marcos, ensamblajes, instalaciones o artefactos tratarán de practicar aquello que observan; ensayaran posibles formas de relacionar el contenido y el continente de lo fotografiado e integrarán el trabajo de campo realizado fuera del museo y los ejercicios editoriales que tendrán lugar dentro de él.

 

'Cielo abierto' que se desarrollará entre el 17 de febrero y el 27 de mayo, se pone en marcha tras ser seleccionado por la Convocatoria Laboratorio 987 del MUSAC, un programa permanente de ayudas a la producción de la creación y la cultura contemporánea.

 

Tras recalar en León, el proyecto continuará en la ciudad de Teherán bajo un nuevo estadio denominado 'Compass Rose'.

 

'Cielo abierto' combina dos líneas articuladas por Nader Koochaki en diferentes etapas de su práctica artística. La primera remite al año 2012 y al mismo Laboratorio 987, cuando es invitado a participar en el proyecto expositivo de Carme Nogueira 'Castillete. Retablo Minero'. En aquel momento el artista busca y visita las vías de comunicación que han sido escenario de enfrentamientos entre mineros y policía durante las protestas sucedidas a raíz de los recortes de las ayudas al carbón, y fotografía los rastros que las barricadas de fuego han dejado inscritos en ellas. El trabajo realizado se materializa en la página central de un facsímil publicado ex profeso para aquella muestra. El material de fondo en la mayoría de estas fotografías resulta ser un componente negro: el asfalto.

 

La segunda línea de trabajo, se inicia en 2014, cuando Nader visita la ciudad de Teherán. Una macro-ciudad con un crecimiento urbano brutal, construida y atravesada por numerosas líneas de asfalto. Durante estos últimos tres años Nader ha fotografiado el tejido urbano de Teherán, atendiendo otra vez al mismo material bituminoso. En este itinerario Koochaki se fija en la primigenia vía de comunicación que acompaña el relato del desarrollo de la Modernidad del país: la carretera Chaloos. Un trazado que conecta, atravesando la cordillera de los montes Alborz, la capital con el mar Caspio, permitiendo así su expansión. Aquí también Nader continúa fijándose en el asfalto que encuentra dispuesto verticalmente en las fachadas oeste de los edificios de la zona. En los dos casos de estudio, León e Irán, a través de la cámara fotográfica, Nader Koochaki presta atención a fenómenos sociales y formas que derivan del consumo de estos combustibles fósiles. El uso y la extracción del bitumen y el carbón, además de resultar atractivos por el impacto estético que producen en el entorno, también lo son por sus implicaciones políticas, derivadas tanto por el consumo industrial del carbón como por la utilización del asfalto como motor y signo del despliegue de la Modernidad.

 

Las implicaciones de los dos componentes, ambos fruto de la acumulación vegetal y los residuos orgánicos millones de años atrás, una vez extraídos de la tierra, resultan significativos. Un inmenso pliegue temporal sucede cuando se consumen y las nociones lineales de tiempo dejan de ser útiles para su comprensión. Al mismo tiempo, su comportamiento formal y cromático los hace interesantes desde una perspectiva plástica de las artes visuales.

 

Una aproximación crítica desde la fotografía. Fiel a la Convocatoria Laboratorio 987, el proyecto pretende evolucionar como una propuesta experimental. El proceso incluye indagar en los materiales y el modo en el que éstos pueden apoyar y solventar las debilidades epistemológicas de la fotografía, constituyéndose en marcos, ensamblajes, instalaciones o artefactos que traten de practicar lo que observan. Con el objetivo de generar una situación de laboratorio, se ensayaran diferentes formas de relacionar el contenido y el continente de lo fotografiado.

 

Una vez más, Nader reflexiona sobre el espacio expositivo como estadio de edición y para ello introduce herramientas y estructuras que impiden o ralentizan la transformación del documento fotográfico en entidad autosuficiente. En paralelo a las condiciones que se generen en los itinerarios del artista, la exposición irá creciendo entre los meses de febrero y mayo. El despliegue del proyecto cobrará forma con el trabajo de campo que se dará fuera del museo y los ejercicios editoriales que se trabajarán dentro él.

 

Nader Koochaki es Licenciado en Sociología por la Universidad del País Vasco, desarrollando su trabajodesde el 2008 en el ámbito artístico.

 

Cielo abierto se inserta dentro de una línea de trabajo que Koochaki viene articulando con ejercicios como Asphaltroll (2015) y Exhibition as editing exercise (2016), o mediante la colaboración con la muestra Castillete. Retablo Minero (2012), de Carme Nogueira, que supuso un primer contacto del artista con la región leonesa.

 

Cielo abierto. Nader Koochaki. Proyecto seleccionado por la Convocatoria Laboratorio 987. 17 de febrero– 27 de mayo de 2018. Lugar: Laboratorio 987. Inauguración: Sábado 17 de febrero, 17:00 - 21:00 h.

 

Actividades públicas del proyecto:

 

-Domingo 18 febrero, 12:00 h. 'Línea editorial'. Visita al proyecto con el artista.

 

- Viernes 20 de abril, 19:00h.'Mesa editorial' Encuentro en torno al proyecto 'Cielo abierto'.

 

- Domingo 27 de mayo, 12:00h. 'Fuga editorial'. Encuentro donde se revisarán los hitos de la investigación y sus planteamientos.

 

Con la colaboración de: Consejería de Fomento y Medio Ambiente (JCYL) a través de la Delegación Territorial de León; Universidad de León a través del Área de Actividades Culturales. Vicerrectorado de Responsabilidad social, cultura y deportes; Ayuntamiento de León a través del Centro de los oficios; Departamento de educación, política lingüística y cultura del Gobierno Vasco.

 

Un gran abrazo desde nuestra querida y culta España,

 

Félix José Hernández.

 

 

Paris le 12 février 2018.

Un récit séduisant par les images qu’il fait naître au fil des pages. Émilie de Turckheim nous offre un livre vibrant, bouleversant roman social qui explore quelques-uns des sombres recoins de l’âme humaine.

« HANS. — Tu as donné son bain à la poupée ?

SABINE. — Oui. Dans la baignoire.

HANS. Adorable.

SABINE. — Et je lui ai parlé. C'est très facile de lui parler.

HANS. — Tant mieux. J'essaie de trouver des instincts humains chez des comédiens et je ne trouve rien. Et toi tu as une vraie conversation avec ta poupée. Tout est pour le mieux.

SABINE. — Il y a un reste de hachis parmentier si tu as faim.  Mais ferme le frigo. Hier tu l'as laissé ouvert toute la nuit.

HANS. — Il faudra que tu me la prêtes pour mon spectacle. Elle jouera mieux que les autres. Rappelle-moi son prénom?

SABINE. — Sabine. Je vais me coucher.

HANS. — Comment j'ai pu oublier! Sabine et Sabine. Sabine qui couche et Sabine qui va se coucher. Tu as ressenti quoi quand tu l'as lavée? Un goût d'enfance?

SABINE. Je n'ai jamais joué à la poupée. J'étais une fille à ours, je te l'ai déjà dit.

HANS. — J'oublie tout ce que tu me dis, sinon notre vie serait invivable. Mais est-ce qu'au moins ce bain t'a rappelé ta copine de lycée, ma petite gouine? Ton premier amour?

SABINE. — Mon seul amour.

HANS. — Explique-moi quelque chose. Tu le trouves normal, ce cadeau? Tu passes quinze années de ta vie dans une entreprise, avec ses lois, ses princes et ses princesses, ses épidémies, tu te démènes, tu es un bon sujet loyal, et le jour où tu quittes ton pays, tes compatriotes t'offrent une pute. Une pute muette avec un vagin où fourrer quoi? Tes longs doigts? Le phallus riquiqui de ton mari? Peut-être qu'elle est pour moi, cette Sabine-là. Qu'est-ce que tu leur as dit pour qu'ils te fassent un cadeau pareil? « Mes chers collègues, je voudrais une fille facile sous mon toit, pour mon mari qui n'est même pas mon mari et qui n'a plus rien à se mettre sous le gland, plus rien de vivant, parce que je me raidis comme un cadavre dès qu'il approche ses caresses de moi. »

SABINE. — Demain, je te répèterai ce que tu viens de dire.

HANS. —Je ne te croirai pas.

SABINE. — On demandera à la caméra que tu as installée. On regardera le film. On lira sur les lèvres.

HANS. — J'avais oublié la caméra. Merveille! Spectacle permanent!

SABINE. — Bonne nuit, Hans.

HANS.  — Je ne t'ai même pas dit que ta robe était sublime. Elle te va si bien qu'on dirait qu'elle a poussé sur toi comme les nageoires d'un poisson. Elle est magnifique. Elle te magnifie. Ou bien c’est toi qui la magnifies. Tu en portais une pareille quand rencontrée.

SABIN E. — Je porte un pantalon.

HANS. — Je suis ivre, je suis méchant. Je ne suis pas aveugle. »

Émilie de Turckheim vous présente son ouvrage "L'enlèvement des Sabines" aux éditions Héloïse d'Ormesson. Rentrée littéraire janvier 2018.

https://www.youtube.com/watch?v=KiS_smUHcRM

« Émouvant, drôle et surtout très impertinent, ce récit à la construction surprenante, aborde avec subtilité le sujet des violences faites aux femmes. […] Une réflexion passionnante sur le désir et les rapports entre hommes et femmes. » Le Parisien, Mathilde Nivollet et Émilie Dontenville

Pour son pot de départ, Sabine reçoit une sex doll. Stupéfaite, la jeune femme rentre chez elle accompagnée de sa poupée aux seins démesurés et au visage figé de manga. Un renversement s'opère face à cette étrange colocataire convoitée et confortablement installée.

D'un naturel effacé, Sabine se confie et pas à pas s'impose dans le jeu mortifère de son couple avec Hans, un metteur en scène mondialement connu pour ses spectacles ultra réalistes, encensé par toute la critique qui veut y lire une dénonciation de la violence. Pourtant en coulisse sévit un monstre féroce protégé par son charme, son succès et son aura de créateur génial.

Avec impertinence et humour, L'Enlèvement des Sabines démonte la mécanique des rapports de force et opère une libération, aux confins du meurtre et de la folie.

Née en 1980, Émilie de Turckheim publie son premier roman Les Amants terrestres en 2005. Son expérience de visiteuse à la prison de Fresnes lui inspire Les Pendus (2008) et Une sainte (2013). Elle reçoit le prix de la Vocation pour Chute libre (2009) et le prix Roger Nimier pour La Disparition du nombril (2014). Popcorn Melody, paru en 2015, a été plébiscité par la critique.

L’Enlèvement des sabines. Émilie de Turckheim.  © Éditions Héloïse d'Ormesson. Roman. Photo en couverture © Jérôme Aris. 14 x 20,5 cm. 208 pages. 17€.

ISBN : 978-2-35087-433-3

Félix José Hernández

 

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